L’Amphibie pour les Nuls

L’amphibie est peu connu en France et pour cause, n’ayant aucune unité foncièrement spécialisée contrairement aux américains et à quelques alliés européens (UK, Espagne, Italie, Pays Bas) et une culture populaire résolument tournée vers la terre, la question du débarquement n’évoque chez le français lambda que quelques souvenirs de films plus ou moins réussis sur le D-Day. Voici donc une synthèse de ce que sont les Opérations Amphibies, une synthèse volontairement simplifiée, sorte de “Amphibie pour les Nuls”.

Les opérations amphibies ont été définies en 1997 par le Concept amphibie (CNOA) : “Une opération amphibie est une opération conduite à partir de la mer, mettant en oeuvre des forces interarmées, exécutée sur une côte hostile ou potentiellement hostile. Elle ne doit pas se focaliser sur la zone de mise à terre, mais sur un point décisif ou un centre de gravité ennemi. »

On voit alors ici directement émerger l’idée d’une rupture de milieu de l’eau vers la terre, parfois en passant par les airs. La qualification “ hostile” permet de s’éloigner des concepts de transport maritime et de transport opérationnel pratiqués par la Marine dans les années 1980.

Il existe 4 types d’opérations :

– le débarquement (« amphibious assault »), visant à mettre en place une force sur une côte potentiellement hostile,

– le rembarquement ( » amphibious withdrawal « ), visant à évacuer par voie maritime une force déployée sur une côte potentiellement hostile,

– la manoeuvre de déception ( » amphibious demonstration « ), visant à induire l’ennemi en erreur et à placer ses forces en situation défavorable,

– le va-et-vient ( » amphibious raid « ), visant à effectuer un débarquement pour mener une action terrestre de durée limitée suivie d’un rembarquement planifié.

On comprend alors facilement que ce type d’opérations ne puisse se réaliser que dans un cadre interarmées, du moins pour la France dépourvue de régiment amphibie au sein de sa Marine. La tête pensante de ces opérations n’en devient que plus complexe à déterminer. La structure, qui doit prendre en compte cet aspect bicéphale Armée de Terre-Marine, s’appuie sur un CATF (Commander of Amphibious Task Force) qui aura autorité à la fois sur les CTG (Commander Task Group)Marine – Groupe Amphibie, Forces avancées, Soutien – et sur le CTG des Forces Terrestres dans lequel on retrouvera le GTIA (Groupement Tactique InterArmes), le GAM (Groupe AéroMobile) mais également les unités de renseignement et d’acquisition d’objectifs. Il convient donc d’avoir, à la tête de ce vaste ensemble un homme qui comprend autant les problématiques maritimes, que terrienne mais également ayant une réelle compréhension de cette zone d’ombre qu’est la zone de débarquement où s’effectue le TOA (Transfert of Autorithy permettant de passer de l’opération navale à l’opération terrienne).

Pour conclure, plusieurs modes d’action existent, qui varieront en fonction des objectifs à atteindre, des moyens mis en oeuvre mais également de la zone d’opération. On distingue ainsi le “Bâtiment/Rivage” permettant de mettre en ligne à la fois une force blindée et de grandes capacités de soutien, le “Bâtiment/Objectifs” qui s’appuie sur le GAM dans le cadre d’une action rapide et limitée dans le temps et enfin le “Bâtiment/Rivage et Bâtiment/Objectifs”, sorte de mélange des 2 premiers genres, permettant d’atteindre avec rapidité un objectif particulier, tout en préparant la suite d’une opération plus lourde.

Source : “Objectif Doctrine 36 – Les Opérations Amphibies – CDES”

Une réaction sur “L’Amphibie pour les Nuls

  1. « Il faut désigner un EMF amphibie »
    « interlocuteur valable au niveau opératif vis-à-vis du COMUKAMPHIBFOR (RN / RM) commandement de niveau 2. Ce dernier permet aux Britanniques, malgré la disposition d’une seule brigade amphibie, de s’engager dans une dynamique de commandement des opérations amphibie au sein de l’initiative amphibie européenne (IAE) »

    C’est parfaitement exprimé. Sauf que que, désigner un « Etat Major Guerre Amphibie et Littorale » à partir d’une unité marine spécialisée et à partir d’une unité terre et non spécialisée , ce n’est peut-être pas exactement la même chose… Surtout si :
    « La limite de (ce) développement des capacités amphibies est le maintien de l’acculturation des unités de l’armée de Terre aux territoires OME »
    Source des citations Pensées Mili-Terre. CNE JACQMIN Bertrand

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